Festifoot 2017 – Handisport : « Cela fait plaisir de voir ces enfants s’amuser »

La fédération polynésienne de sports adaptés et handisport a proposé mardi matin un événement footballistique, « Festifoot 2017 » qui s’est déroulé au stade Louis Ganivet de Faa’a. Pas moins de 70 enfants ont pu s’adonner aux joies du ballon rond pendant quelques heures. Les étudiants en STAPS de l’Isepp étaient également présents dans le cadre de leur formation.

La fédération polynésienne de sports adaptés et handisport organise régulièrement des sessions sportives pour nos jeunes en situation de handicap. Cette fois-ci, c’est du football qui était proposé sur le terrain en synthétique du stade Louis Ganivet de Faa’a. La matinée s’est déroulée sans encombre et les enfants ont eu l’air d’apprécier. L’ancien joueur de l’équipe de France Pascal Vahirua, qui œuvre à l’as Tefana depuis son retour de métropole, était également de la partie.

Les étudiants en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) de l’Isepp étaient là aussi, dans le cadre de leurs études. Cette filière est récente en Polynésie et rencontre apparemment du succès. Le champion de VTT descente Temarii Buillard était là également parmi les étudiants. Certains de ces étudiants étaient confrontés directement pour la première fois à ces enfants en situation de handicap. SB / FTF

 

Jérémie Le Fort, coach de surf mais aussi cadre technique à la FPSAH

Jérémie Le Fort, coach de surf mais aussi cadre technique à la FPSAH

Jérémie Le Fort, cadre technique FPSAH :

Satisfaits ?

« Oui, super. Le Festifoot 2017, c’est la rencontre de toutes les associations, les centres spécialisés dans l’accueil d’enfants et jeunes en situation de handicap, principalement mental. L’IIME de Pirae Te Ana Hau, le Tama Ora-Fare Aupuru qui est pour les enfants autistes, l’Ulis du lycée hôtelier de Punaauia…Nous avons eu 70 enfants sur le Festifoot qui est un format « fair play » de matchs de 10 minutes en auto-arbitrage.

« On a eu aussi la chance d’avoir les étudiants de STAPS 1e année qui sont en stage pratique pour découvrir les activités adaptées auprès du public handicapé, en vue de se spécialiser la deuxième année vers cette activité physique adaptée APA. Il y a deux groupes, aujourd’hui ce sont les enfants et on a 25 étudiants et jeudi ce sera les adultes avec le deuxième groupe d’étudiants. »

« On organise cette matinée en partenariat avec la commune de Faa’a – c’est un partenaire privilégié depuis huit ans – et l’as Tefana, qui nous permettent de mettre en place ces journées de rassemblement et de valorisation de nos enfants handicapés à travers le football, merci également à l’OPT. »

Il est urgent de faire plus pour nos handicapés ?

« Il y a 9 000 personnes en situation de handicap en Polynésie française tous handicaps confondus, ce qui est assez conséquent. Il y a beaucoup à faire. On parle également du sport-santé, il faut savoir que les personnes en situation de handicap sont encore plus atteintes que les autres personnes par les maladies métaboliques comme le surpoids mais aussi d’autres pathologies comme les myopathies, c’est un autre domaine que l’on traite aussi au sein de la fédération. »

Quel appel pourrait être lancé ?

« Il faut se dire qu’on peut soi-même devenir handicapé, il y a les accidents de la vie, sur la route…On peut tomber de son toit, d’un escabeau et on se retrouve en situation de handicap. Du coup, ce sont des individus comme tout le monde qui ont juste des besoins particuliers, qui ont besoin qu’on adapte certaines choses pour qu’ils puissent vivre comme tout le monde, à travers des activités physiques comme le football qu’on leur propose, par exemple. Selon leurs capacités, ils peuvent vivre des sensations, et peuvent avoir des émotions. Ils se sentiront mieux et pourront évoluer dans la société. »

 

Le champion de VTT Temarii Buillard était là aussi

Le champion de VTT Temarii Buillard était là aussi

(interview suite)

Ces initiatives s’inscrivent dans l’air du temps ?

« Il y a la loi de 2005 qui est applicable en Polynésie en 2009 et qui est mondiale avec l’organisation mondiale de la santé (OMS). Lors de toute organisation, c’est une obligation que de pouvoir accueillir le public handicapé parce que ce sont des individus à part entière. Nous, on le voit pas comme ça, on ne peut pas forcer les gens…il peut y avoir une barrière psychologique parce qu’on ne connaît pas, l’inconnu fait peur. Des journées comme ça permettent justement de découvrir ces enfants. On apprend beaucoup avec ce public, c’est très enrichissant. Ce sont des partages qui sont enrichissants et valorisants pour tous. »

Participerez vous aux mini-jeux du Vanuatu ?

« Du 4 au 15 décembre se dérouleront les mini-jeux du Vanuatu. Nous aurons deux épreuves handisports. Le tennis de table la première semaine avec homme, femme, assis et debout. L’athlétisme aura lieu la deuxième semaine avec du lancer assis, de la course sur 100M debout femme et homme, avec trois athlètes par épreuve donc on organisera les sélectives d’ici là. On va essayer de décrocher des médailles pour représenter dignement la Polynésie française. »

Que peuvent faire les personnes qui souhaitent aider ?

« Des dons à la fédération tout simplement, si c’est financier. Si c’est une aide bénévole, on a un calendrier multisports à l’année en partenariat avec d’autres fédérations. On propose une dizaine d’activités, de rencontres à l’année. On propose aussi des formations qualifiantes, spécifiques. On a une page facebook avec nos actus @handisport.polynesie, n’hésitez pas à entrer en contact avec nous. »

 

C'était une première pour Vaveaiti Barff

C’était une première pour Vaveaiti Barff

Vaveaiti Barff, étudiante en STAPS

Tes impressions sur cette matinée ?

« On est venus ici en cours APA, activités physiques adaptées, pour faire la rencontre des associations et des différents enfants qui sont atteints d’handicap. C’est la première fois que je vois autant d’enfants touchés par le handicap et j’ai beaucoup aimé. J’ai déjà été avec des enfants du même âge et ce n’est pas si différent en fait. Un peu, physiquement, car ils ne peuvent pas faire certains exercices, au lieu de sauter ils faisaient un pied à la fois. Ils ne sont pas si différents que ça. »

Au niveau émotionnel ?

« Wouah…Il y a eu beaucoup de joie, cela fait plaisir de voir ces enfants s’amuser comme des enfants ordinaires en fait. Ils font leur possible pour jouer avec leurs camarades, ils ont cet esprit d’équipe, ils sont fair-play, c’est bien. »

On en fait assez pour eux en Polynésie ?

« Non. Beaucoup de jeunes ont peur d’être au contact de ces enfants, ils pensent que c’est contagieux, ils ont peur. En fait, il ne faut pas avoir peur, au contraire, il faut les aider, il faut aller vers eux, il faut essayer de les comprendre, il faut avoir de l’empathie, juste un peu. Je trouve qu’il n’y pas assez d’évènements pour les aider. »

Un dernier mot ?

« J’encourage ces enfants à faire du sport, personnellement le sport c’est ma vie, je suis persuadée que cela peut beaucoup les aider pour leur motricité. Je rajouterai que ce n’est pas contagieux ! Ils ont besoin de nous, ils ont besoin de se sentir « ordinaires » ! » Propos recueillis par SB